Applique en forme de bouquetin

Applique en forme de bouquetin

Selon une modalité caractéristique de l’art des steppes, la petite applique d’or découpée
dans une feuille d’or travaillée au repoussé est constituée par l’image de l’animal dont elle
épouse exactement les contours. L’espace intérieur de la corne où pointe l’oreille et celui
entre ventre et sabots ont été soigneusement évidés. Moins par souci d’économie du
matériau que parce que l’art des nomades, qui va droit à l’essentiel, répugne à enfermer
les images et laisse volontiers l’air y circuler librement. Comme si l’animal, ici un bouquetin
de profil vers la gauche, bondissait dans un espace sans contrainte. Doté sur le revers de
quatre attaches, l’une très petite, les trois autres plus grandes, l’objet était destiné à être
fixé à un support, peut-être un vêtement.

Œil rond souligné d’un sourcil arqué, museau légèrement convexe, arrondi de l’encolure
et du dos, courbure prononcée de la croupe, pliure en boucle de la patte avant, marque
ondulante séparant le ventre et l’échine, ce sont les courbes et les lignes fluides qui
dominent. Elles sont associées à des arêtes qui délimitent les différents plans de coupe,
particulièrement marqués sur la corne, dont la partie supérieure est travaillée comme en
facettes. C’est là le souvenir de la transposition dans l’or d’une technique familière au
nomade, celle du travail de la corne et du bois, et de la trace laissée par le couteau faisant
voler les copeaux.

Publ. : Zimmermann 1991, fig. 28, p. 69 ; Schiltz 1994, fig. 78 ; Barbier-Mueller 1996,
p. 7, 31, et n°3, p. 35-36.